Un robot d'inspection autonome

Sur un site chimie-énergie classé Seveso, un robot d'inspection autonome pour voir et entendre ce que les rondes humaines ne peuvent pas. Déploiement en cours, bénéfices en cours d'évaluation.

Un robot quadrupède d'inspection en ronde autonome dans une installation industrielle, entre les lignes de tuyauterie.
Le contexte
Un site industriel de chimie / énergie à procédé continu, classé Seveso, avec plusieurs unités (utilités, fermentation, purification). L'enjeu : surveiller les équipements et capter des données que les rondes humaines ne voient pas, sans exposer les équipes aux zones à risque.
L'irritant vécu
Une ronde humaine ne peut pas tout entendre ni tout voir. Une fuite d'air à 80 kHz reste inaudible, même usine à l'arrêt. Un extincteur décroché, un capteur en défaut : l'anomalie passe inaperçue jusqu'au prochain contrôle. Pour localiser ses fuites, le site en est à arrêter l'usine deux mois tous les trois ans. Et certaines vérifications exposent l'humain : pour une fuite d'ammoniac à la sphère, on envoie aujourd'hui quelqu'un en combinaison.
La démarche
Surtout pas « un robot partout ». Une trentaine de cas d'usage ont été passés au crible (valeur, impact sécurité, impact énergie, effort), et tout ce qui est déjà couvert par un capteur fixe a été délibérément écarté. Le robot arrive en autonomie supervisée : chaque mission est validée par un référent avant d'être lâchée seule, il est intégré à l'accueil sécurité avec une analyse de risque HSE, et les rondes humaines ne disparaissent pas. Une grande part du travail, c'est l'acceptation : présentations aux équipes, concours interne pour le baptiser, et même un « robot shower » pour le faire adopter par toute l'organisation.
Le résultatdéploiement en cours
Disons-le franchement : le déploiement démarre, il n'y a pas encore de résultat mesuré sur ce site, et on n'inventera pas de chiffre. Concrètement, le robot fait des rondes programmées comme des rendez-vous : caméra thermique (points chauds), caméra acoustique (fuites d'air inaudibles), lecture de manomètres et d'afficheurs, détection de gaz, repérage d'objets hors de leur place. Pour l'ordre de grandeur, le constructeur AnyBotics documente sur ses sites chimiques de référence des bénéfices type (détection précoce, relevés horodatés non falsifiables, accès aux zones dangereuses) et, sur une usine, jusqu'à +1,5 % de disponibilité. Ce sont ses chiffres, pas encore les nôtres.
Ce que ça change pour l'équipe
On ne remplace personne : le personnel se fait rare pour les inspections en zone à risque. Le robot prend la tâche répétitive, sans se plaindre et sans fausser un relevé, et l'humain revient là où il faut de l'intuition. Lors d'une démonstration, des représentants du personnel se sont d'ailleurs montrés favorables à ses rondes.
La limite, dite franchement
Là où une donnée remonte déjà en salle de contrôle grâce à un capteur fixe, le robot n'a rien à faire, et il a été retiré des cas déjà instrumentés. Il se justifie par sa mobilité et sa polyvalence, un même robot couvrant plusieurs unités et plusieurs types de mesures, jamais comme un capteur de plus. Et tant qu'on n'a pas mesuré ici, on parle de bénéfices attendus, pas acquis.
Robot d'inspection ANYmal, du constructeur AnyBotics →
Échanger 20 min